La maltraitance infantile traitée avec sobriété et une grande délicatesse. En France, on estime qu’un·e enfant meurt chaque semaine sous les coups de ses parents. Elle s’appelle simplement « Elle » car elle est le visage amoché de tous ces enfants victimes de maltraitance. Chaque jour, elle s’échappe de la maison pour aller promener son chien. C’est à cette occasion qu’elle rencontre « l’Autre ». Avec cette amie, elle parle du quotidien, beaucoup, et de sa situation, un peu. Mais ce sont les silences qui prennent alors le premier rôle. Elle est l’émotion, l’Autre est la conscience. Un troisième personnage, à la présence fantomatique, incarne le corps. Cette matrice à trois visages restitue la complexité des émotions qui hantent Elle et dessinent une désolation saisissante. Avec ce huis clos puissamment émotionnel, l’autrice et metteuse en scène corse Lauriane Goyet vise à pénétrer l’âme humaine dans une mise en scène minimaliste où le décompte des jours est également celui des coups, des insultes et de la peur. Spectacle accueilli avec le soutien de l’Onda – Office national de diffusion artistique.